![]() |
Ordinateurs-de-Vote.org | Citoyens et informaticiens pour un vote vérifié par l'électeur |
Le coordinateur de la liste contrainte à s’effacer dénonce des « simulacres d’élections ». « Comme c’est un vote électronique, Benjamin Lancar sera plébiscité. On ne pourra plus dire que le mouvement des Jeunes U.M.P. est démocratique. », affirme-t-il.
Ces déclarations sans nuance, qui stigmatisent des « simulacres d’élections », ouvrent la porte à plusieurs interprétations. Qu’est-il mis en cause : les conditions mouvementées de cette fusion, ou bien l’absence de réelle bataille de projets qui en résulte, ou encore l’utilisation du vote électronique ? Ce dernier suscite-t-il un « malaise psychologique » (terminologie définie par le Conseil Constitutionnel [2]) ?
En effet, le vote électronique ne permet aucune observation directe des opérations électorales par les électeurs et les candidats. Et les jeunes de l’U.M.P. en sont conscients même si - paradoxalement - ils apprécient le coté “voting fashion” de cette technique. En conséquence, ils savent que toute contestation des résultats est virtuellement éliminée, faute d’éléments tangibles à apporter au juge de l’élection. Ce qui est un atout pour les organisateurs désireux d’obtenir un résultat rapide et matériellement incontestable, constitue également un risque de perte de légitimité de l’élu, notamment si le scrutin est serré. Il faut cependant noter que dans le cas présent, par suite de la fusion, l’issue du scrutin est devenue sans surprise, les deux autres candidatures étant considérées comme « de témoignage ».
Ce n’est pas la première fois que l’U.M.P. utilise le vote électronique pour des élections de plébiscite. En effet, depuis les primaires pour la mairie de Paris en février 2006, critiquées par des candidats malheureux [3], et les élections annulées dans certains départements
la même année, l’U.M.P. n’utilise le vote électronique au niveau national que lorsque les résultats sont acquis d’avance :
pour son projet législatif, déjà validé par le Conseil National,
pour une modification de ses statuts qui ne faisait pas débat,
ainsi que pour l’investiture de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle.
La section jeunesse de l’U.D.F. s’était en son temps essayée au vote électronique, puis y avait renoncé après quelques déboires.
Nul doute que cette élection se conclura par l’expression rituelle “tout a bien marché”, alors même que, du fait de la dématérialisation du vote, la plupart des dysfonctionnements ou erreurs seront indécelables.
[1] Le JDD s’en est fait l’écho : “Embrouilles chez les Jeunes UMP”(7 août 2008), ainsi que l’AFP : “Présidence des jeunes UMP : les principaux prétendants font liste commune” (6 août 2008).
[2] Dans son bilan du second tour de l’élection présidentielle. Résumé dans Marianne : “Le malaise « psychologique » du Conseil constitutionnel”.
[3] Profession Politique : “UMP Paris : machine à gagner... ou à perdre ?”. Voir aussi le Canard Enchaîné durant cette campagne électorale.
Ordinateurs-de-Vote.org a pris connaissance du rapport intermédiaire du Forum des Droits sur l’Internet (FDI) portant sur les machines à voter en France. Malheureusement, une nouvelle fois, sont constatées les limites de ce genre d’exercice : se baser principalement sur les auditions des parties prenantes n’est en aucun cas suffisant pour avancer scientifiquement et objectivement dans un tel dossier.
Le président d’Ordinateurs-de-Vote.org, Pierre Muller, constate : « Ce rapport est presque exclusivement une remontée d’information de l’état d’esprit des municipalités utilisatrices d’ordinateurs de vote et de leurs problèmes pratiques d’organisation. C’est comme si on rédigeait un rapport sur l’avenir des OGM en questionnant les agriculteurs en ayant plantés. »
Pour le premier tour de l’élection présidentielle, de "petits" candidats ont désignés des membres d’ordinateurs-de-vote.org comme délégués. Ce mandat nous a permis d’approcher des machines à voter en service lors d’un vrai scrutin et d’examiner les tickets qu’ils produisent, dans un souci d’équité, de transparence et de sincérité.
Nous lançons un appel aux candidats présents au second tour pour qu’ils nomment de nouveau comme délégués des membres d’ordinateurs-de-vote.org afin que ces membres puissent de nouveau être légitimement présents dans le plus possible de bureaux de vote équipés de machines à voter électroniques.
Ce 1er février, le Conseil municipal d’ Issy-les-Moulineaux dirigé par M. André Santini a voté l’acquisition de 60 ordinateurs de vote iVotronic du fabricant américain ES&S. S’y sont opposé les cinq conseillers d’opposition ainsi qu’un de la majorité. Les élus avaient pourtant été avertis de ce stupéfiant paradoxe consistant à prendre cette décision le jour même où l’État de Floride décidait d’envoyer à la casse des milliers ES&S iVotronic, n’hésitant pas à prévoir une dépense de 32 millions de dollars à cet effet.
Les débats du Conseil municipal ont révélé les approximations de l’argumentation demandant de voter l’achat.
...des électeurs espionnables depuis la rue et un marketing mensonger.
La fondation “Wij vertrouwen stemcomputers niet” (Nous ne faisons pas confiance aux ordinateurs de vote) a analysé en détail un ordinateur Nedap, et a publié un rapport démontrant que « n’importe qui, disposant d’un bref accès aux équipements n’importe quand avant l’élection, peut obtenir un contrôle complet et virtuellement indétectable sur les résultats de l’élection ».